Le Roi Dalmar

Rèd ê ma ouefac’h
Penaoz eur veach.

Il faut que vous sachiez
Comment une fois.


Il y avait un roi de France, qui avait un fils. Celui-ci était parvenu à l’âge où l’on est jeune homme, et il dit un jour à son père qu’il voulait se marier.
— A qui donc, mon fils ?
— A la fille du roi Dalmar.
— Hélas! Mon enfant, quant à celle-là, tu ne l’auras pas. Depuis l’âge de douze ans, elle est enfermée dans une tour, où personne ne la visite jamais que la femme qui lui porte à manger, tous les jours.
— Peu m’importe, j’irai toujours la demander à son père, et si je n’ai celle-là pour femme, je n’en aurai aucune autre au monde. Je ne sais quelle direction prendre, ni par où me rendre à la cour du roi Dalmar ; mais, à force de marcher, je finirai bien par y arriver, tôt ou tard.
— Si ta résolution est bien prise, je n’y ferai pas d’opposition ; mais, au bout d’un an et un jour, il faudra que tu sois de retour à la maison.
— Je vous promets d’être de retour, au bout d’un an et un jour.
Et il partit, dans un beau carrosse, accompagné d’un valet de chambre seulement. Ils allaient au hasard, ne sachant quelle direction ils devaient prendre. Ils ne cessaient d’aller, d’aller toujours devant eux, sans jamais s’arrêter. Un jour, la nuit les surprit, au milieu d’une … Lire la suite »

La Princesse De l’Étoile Brillante

Il y avait, une fois, sur l’eau du Léguer, un meunier, qui prit un jour son fusil pour aller tirer des cygnes et des canards sauvages, sur l’étang du moulin.
C’était au mois de décembre, et il faisait froid et la terre était toute couverte de neige.
En arrivant sur la chaussée de l’étang, il aperçut une cane qui s’ébattait sur l’eau. Il la visa, tira et fut bien étonné de voir à côté de lui, aussitôt le coup parti, une belle princesse, venue il ne savait d’où ni comment, et qui lui parla de la sorte :
— Merci, mon brave homme ! Il y a bien longtemps que je suis par ici, retenue enchantée sous la forme d’une cane sauvage, par trois démons, qui ne me laissent aucun repos. Vous m’avez fait revenir à la forme humaine, et vous pouvez me délivrer tout à fait, avec un peu de courage et de persévérance.
— Que faut-il faire pour cela ? demanda le meunier, étonné.
— Passer trois nuits de suite dans le vieux manoir en ruine que vous voyez là-haut.
— Et qu’y a-t-il là ? Le diable peut-être ?
— Hélas ! Ce n’est pas un diable seulement, mais, douze diables, qui vous tourmenteront. Ils vous lanceront plusieurs fois d’un bout à l’autre de la grande salle du manoir et vous jetteront … Lire la suite »