Les Quatorze Juments Et Le Cheval Du Monde
Hag e clevfot eur gaozic coant,
Ha na eus en-hi netra gaou,
Met, marteze, eur gir pe daou.
Écoutez, si vous voulez,
Et vous entendrez un joli conte,
Dans lequel il n’y a pas de mensonges,
Si ce n’est, peut-être, un mot ou deux.
Il y avait, une fois, un jeune penher (2), riche, nommé Riwall. Son père avait quatorze juments, et son plus grand plaisir était de les monter, tantôt l’une, tantôt l’autre, et d’accompagner les valets qui les conduisaient au pâturage.
Quand il eut douze ans, on l’envoya à l’école, en ville, et il regretta beaucoup ses jeux et ses courses en liberté sur les juments de son père. Au bout d’un an, il revint en congé à la maison, et son premier soin, en arrivant, fut de demander des nouvelles des juments.
— Je pense qu’elles vont bien, lui dit son père, car je ne les ai pas visitées, depuis assez longtemps.
Il courut à la prairie où elles étaient et y vit treize juments qui paissaient, et, auprès de chacune d’elles, une belle pouliche, qui gambadait et folâtrait, puis une quatorzième jument avec un poulain tout chétif et qui paraissait malade. Il s’approcha de ce dernier et se mit à le caresser et à lui gratter le front. Le poulain lui dit, dans le langage des hommes :
— Tuez les treize pouliches et me laissez en vie, afin que je puisse téter, seul, les quatorze juments et acquérir ainsi la force de quatorze chevaux.
— Comment ! répondit Riwall, étonné, vous parlez donc ?
— Oui, je parle comme vous ; mais, voulez-vous faire ce que je vous demande … Lire la suite »

