Fleur d’Épine ou Le Voyageur Au Château Du Soleil

Kement-man a oa d’an amzer
Ma ho defoa dennt ar ier.

Tout ceci se passait du temps
Où les poules avaient des dents.

- Sur le conseil de son père, Guyon (Fleur d’épine) se fait cavalier – La fille du roi de France le prend comme page – Fleur d’épine est sommé par le roi de retrouver une de ses filles qui s’est fait enlever – A la cour de Russie, une fille de l’empereur le prend comme page – Il quitte la cour de Russie pour se rendre chez le Diable, après avoir promis d’aider à soigner une des princesses qui est malade – A la cour d’Angleterre se reproduisent les mêmes circonstances qu’en Russie – Il en repart en promettant de trouver le remède à la pénurie d’eau qui sévit – Une vieille femme lui indique le château du géant qui retient la fille du roi de France – Il y pénètre et en fait sortir la princesse, après avoir obtenu du géant les remèdes pour l’Angletrerre et la Russie – En remerciement, Le roi d’Angleterre et l’empereur de Russie lui proposent la main de l’une de leur fille, que décline Fleur d’épine – De retour en France, il rend au roi sa fille, avec qui il se marie.
 
 
Il y avait, une fois, un bonhomme, fermier breton, vivant modestement du produit d’une petite ferme. Il était veuf. Il mourut peu après sa femme, laissant trois fils. Avant de rendre son âme à Dieu, il fit venir ses enfants près de son lit, leur donna quelques conseils et recommanda au plus jeune, nommé Guyon, de se faire soldat et de partir pour la guerre, pendant que ses deux aînés tiendraient la ferme.
Suivons Guyon, et laissons les deux autres ensemencer et moissonner leurs champs, en temps et lieu.
Il s’engagea donc, selon la recommandation de son père, et se fit cavalier.
Après deux ans d’apprentissage, il était devenu un cavalier accompli, et il fut envoyé à Paris en garnison. Comme il avait bonne tournure, son capitaine le commandait souvent de garde à la porte du palais du roi.
Une des filles du roi le remarqua et le trouva si bien à son gré qu’elle ne rêvait plus que de lui. Un jour, elle dit à sa femme de chambre :
— Il y a là, en faction, à la porte du palais, un soldat qui a une bien belle tournure ; ne l’avez-vous pas remarqué ?
— Oui, vraiment, répondit la femme de chambre.
— Je voudrais lui parler ; allez lui dire de venir me parler, dans ma chambre.
La femme de chambre alla trouver le soldat et lui dit :
— Jeune soldat, suivez-moi, je vous prie ; ma maîtresse, la fille du roi, désire … Lire la suite »

Le Château De Cristal

Il y avait une fois deux pauvres gens, mari et femme, qui avaient sept enfants, six garçons et une fille. Le plus jeune des garçons, Yvon, et la fille Yvonne, étaient un peu pauvres d’esprit, ou du moins le paraissaient, et leurs frères leur faisaient toutes sortes de misères. La pauvre Yvonne en était toute triste, et ne riait presque jamais. Tous les matins, ses frères l’envoyaient garder les vaches et les moutons, sur une grande lande, avec un morceau de pain d’orge ou une galette de blé noir pour toute pitance, et elle ne revenait que le soir, au coucher du soleil. Un matin que, selon son habitude, elle conduisait ses vaches et ses moutons au pâturage, elle rencontra en son chemin un jeune homme si beau et si brillant qu’elle crut voir le soleil en personne. Et le jeune homme s’avança vers elle et lui demanda :
— Voudriez-vous vous marier avec moi, jeune fille ?
Voilà Yvonne bien étonnée et bien embarrassée de savoir que répondre.
— Je ne sais pas, dit-elle, en baissant les yeux ; on me fait assez mauvaise vie, à la maison.
— Eh bien ! Réfléchissez-y, et demain matin, à la même heure, je me retrouverai ici, quand vous passerez, pour avoir votre réponse.
Et le beau jeune homme disparut, alors. Toute la journée, la jeune fille ne fit que rêver de lui. Au coucher du soleil, elle revint à la maison, chassant devant elle son troupeau et chantant gaîment. Tout le monde en fut étonné, et l’on se demandait :
— Qu’est-il donc arrivé à Yvonne, pour chanter de la sorte ?
Quand elle eut rentré ses vaches et ses moutons à l’étable, elle se rendit auprès … Lire la suite »

La Fille Qui Se Maria A Un Mort

Bez’a zo brema pell-amzer’
D’ar c’houlz m’ho devoa dennt ar ier.

Il y a de cela bien longtemps,
Quand les poules avaient des dents.

- La fille du roi épouse un mendiant – Après la noce, le mendiant emmène sa femme chez lui – Le plus jeune frère de la mariée désire lui rendre visite et part, en suivant les instructions données par son beau-frère – Celui-ci l’invite à le suivre sous la terre, où ont lieu les retrouvailles – Il tente de suivre son beau-frère pour savoir où il passe ses journées, mais celui-ci le dupe et échappe à sa surveillance – Le jeune homme rentre chez lui et raconte son aventure – Le frère aîné décide d’aller à son tour tenter de percer le mystère – Il suit son beau-frère jusqu’à une église où il l’aide à servir la messe à des morts – Sur le chemin du retour son beau-frère lui donne l’explications de tout ce qui s’est passé.
 
 
Un jour, un mendiant arriva chez un roi, et demanda l’aumône, au nom de Dieu. La fille du roi le remarqua, et elle dit à son père qu’elle voulait avoir ce mendiant-là pour mari. Le roi pensa d’abord que c’était pour plaisanter que sa fille parlait de la sorte. Mais, quand il vit qu’il n’en était rien et qu’elle parlait pour de bon et sérieusement, il lui dit :
— Il faut que vous ayez perdu la raison, ma fille, pour vouloir vous marier à un mendiant, la fille d’un roi comme vous l’êtes !
— Il n’y a pas à dire, mon père, il faut que je l’aie pour mari, ou je mourrai de douleur.
Le roi aimait sa fille par-dessus tout et faisait tout ce qu’elle voulait. Il lui dit donc qu’il la laisserait prendre le mendiant pour mari. Mais, le mendiant demanda que la princesse, ainsi que son père, sa mère et ses deux frères fussent baptisés, avant le mariage, car ils étaient tous païens. Ils furent tous baptisés, et le mendiant servit de parrain au prince aîné. On célébra alors les noces, et il y eut un grand festin.
Quand les noces furent terminées, le mari dit :
— Je vais, à présent, retourner chez moi, avec ma femme.
Et il prit congé de son beau-père, de sa belle-mère et de tous les gens de la noce. Avant de partir, il dit encore aux deux jeunes princes ses beaux-frères :
— Quand vous voudrez faire visite à votre sœur, rendez-vous auprès d’un grand … Lire la suite »